21 juin 2007

RITES, TRADITIONS ET CROYANCES

Le Ndjobi et autres Rites et Traditions {suite}

Onkila_Ngwomi_Onkila est le terme teke pour désigner les jumeaux.

Il s’agit d’un culte de guérison, originellement dévolue aux femmes et à la fertilité, concernant les enfants nés de façon extra-ordinaires : les jumeaux en premier lieu puis par extension les enfants nés par le siège (ngetshenle), ceux entourés par le cordon ombilical ou encore ceux enveloppés dans le placenta (ngaliomi) :

« Le lien étroit qui sous-tend l’état de jumeau et les nkita s’exprime à travers le rituel consistant à planter un bananier sur l’endroit où est enterré le cordon ombilical d’un nouveau-né. Pour des jumeaux, au neuvième jour, l’oncle fera planter trois bananiers par enfant, sur deux rangs, à l’endroit où les cordons et les cendres du foyer sont enfouis et où aura été brûlé tout ce qui aura pu être touché par la même lors de l’accouchement. Si un enfant vient au monde d’une manière anormale (par le siège, les pieds devant, etc.), on le dit nshiele. La chose aura été voulue par un nkita ; et, s’il vit, il aura une influence bénéfique sur les plantations familiales. Le père devra accomplir un sacrifice sur l’autel des ancêtres ». (Lehuard 1996 : 82-83) .

Onkila_David

Lors d’une cérémonie, le onkila en cause peut être désigné par l’attitude du malade mais également par ses réactions particulières à certains chants. Le ngaa, celui qui a la connaissance, identifie ainsi l’origine du mal et en demande les explications aux ancêtres. Quitte à lui ensuite de garder le malade et de trouver les remèdes lui permettant de recouvrer une vie normale. Une pièce de la maison peut servir de lieu de culte ce qui est signalé par une banderole de feuilles de palmier au-dessus de la porte d’entrée. Cette banderole protège la famille des esprits néfastes, comme un filtre dans lequel ils s’accrocheraient.

Le ngaa commence toujours par la chanson kanguhu du culte, celle qui remonte aux origines. Exécuté en premier, ce chant prend la forme d’une incantation où le ngaa s’accompagne de son ngwomi , très vite rejoint par le tambour, kakani , les chanteuses et enfin les hommes qui tout en chantant agitent rythmiquement de plus ou moins gros hochets en calebasse, les djaga .

Les adeptes expliquent que les entrées en transe sont provoquées par la compatibilité existant entre l’esprit possesseur de la personne et une chanson particulière qui peut préexistée ou être transmise par l’esprit lui-même au maître de cérémonie, au malade ou à un(e) vieil(le) initié(e) de l’assistance.

ebanighi_coq

Les Ebanighi . Il s’agit d’une confrérie composée d’hommes et de femmes dont la charge est de maintenir un équilibre entre les humains et leur écosystème en veillant au respect des interdits ; ils sont les garants de la mémoire des ancêtres. 

Leur pouvoir qui est également leur protection est le mpu, entité disséminée dans différents endroits symboliques et représentée par différents accessoires faisant partie de leur costume traditionnel.

Cette confrérie est fortement hiérarchisée, les ebanighi sont les chargés de mission ou les soldats de la lignée des nobles, les onkani qui ont davantage le rôle de juge traditionnel. Les mpfumu sont considérés comme les chefs des ebanighi , ceux qui leur donnent les ordres qu’ils doivent exécuter. Ces charges se transmettent de génération en génération par filiation, qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes.

onkani_brochette

La distinction entre mpfumu et onkani n’est pas toujours très claire car si les onkani sont les responsables de tout le monde, tous les individus désignés par le terme de mpfumu ne sont pas forcément onkani, bien que le plus souvent il est dit que les deux termes étaient synonymes. Toute personne croisant leur chemin se doit de leur verser une offrande dont la nature est laissée au libre arbitre du donateur.

Leur prestation musicale accompagne toutes leurs activités collectives (initiation, cérémonies de culte, deuil) et ils sont de toutes les manifestations de caractères politique ou nationale au niveau de la province.

Comme partout au Gabon, c'est la musique, la danse et la littérature orale, très riches dans toutes les ethnies du Haut-Ogooué, qui subsistent malgré le modernisme de la vie quotidienne contemporaine des altogovéens Bien que Les coutumes ancestrales s'estompent au profit d'un mode de vie de type semi-urbain qui, moins attrayant sur le plan culturel et folklorique, est évidemment plus conforme aux exigences actuelles du développement national.

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Amandine (St Valentin)


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Patience Dabany et Kounabéli (Show Time)

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RITES, TRADITIONS ET CROYANCES

Le Ndjobi et Autres rites et traditions

Dansele Haut-Ogooué, au folklore riche et vivant, relève de trois cultures ethniques différentes, Obamba, Ndzabi et Téké avec à la fois des variantes notables et des points de convergence, surtout en ce qui concerne les structures sociales et les croyances essentielles. Vers Okondja, coeur du pays Obamba, le culte des ancêtres existait jusqu'au début du XXème siècle. Les reliques des ancêtres étaient conservées dans des paniers surmontés de figurines sculptées recouvertes de feuilles de cuivre dont certaines sont des chefs-d'oeuvre de l'art africain traditionnel. Plusieurs sociétés à caractère initiatique animaient la vie sociale ancienne de ces villages en perpétuel déplacement. Les grandes fêtes de la circoncision accompagnées des rites de passage de la puberté permettaient aux « nganga » d'étaler leur habileté, leur savoir et leur sens de la danse.
Actuellement la plupart de ces danses à caractère sacré ou social sont devenues des danses de divertissement, masquées ou non. Les Bandzabi, établis plus à l'ouest, présentent à peu de choses près les mêmes caractéristiques culturelles : culte des ancêtres, sociétés initiatiques, croyance à l'esprit du « Mungala » (grand masque figurant un monstre aquatique), « anarchie » structurelle des villages où chaque aîné de lignage était un chef, agriculture de subsistance, pêche et chasse à la sagaie, au harpon et au filet (comme les Pygmées qui furent leurs initiateurs en matière de chasse et de cueillette). 

NdjobiLe Ndjobi est exclusivement masculin et pratiqué par les groupes ethniques Bambamba,Kota, Ndassa Nzabi, Obamba, Téké et Wandji, habitant au Congo et au Gabon. Il n'est pas la première société initiatique. Il s'inscrit dans la continuité des précédentes sociétés initiatiques telles que le Ngo, l'Anduku, l'Onkani, l'Onkéra, le Lésombo, le Nkula, le Mbèle? dont il s'inspire pour sa dynamique. Le Ndjobi est très fonctionnel et normatif. Son activité concerne autant la socialisation, la lutte contre la sorcellerie, le contrôle social que le règlement des conflits, l'activité économique, les relations entre les hommes? L'originalité du Ndjobi réside dans son ambivalence : il est à la fois dangereux et salutaire, et ésotérique. Malgré sa multifonctionnalité et son efficacité affirmée, sa perception est très contrastée dans l'opinion publique. Il est, pour certains, une association de sorciers ; et une société initiatique pour d'autres. La création et l'essor du Ndjobi au Gabon mettent en évidence la dynamique de l'inventivité sociale dans le domaine magico-religieux observée depuis des décennies.

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La danse mbali tient son nom de la bière de palme ou d’ananas, boissons traditionnelles des Otégé. Cette danse était exécutée lorsque suffisemment de boisson avait été collectée pour régaler le village ou le groupement concerné.

De nos jours, elle est la danse traditionnelle la plus en vogue, régulièrement présentée pour les levées de deuil où les cérémonies officielles.

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